Thursday, September 9, 2010

Le Diapason - 84 000 Avignon



Le plaisir du temps qui passe…


Certes, nous aurons été obligés de sortir d’Avignon en direction de Saint-Rémy, de traverser un quartier « enclin à l’immigration », pour finalement tomber au bout d’un (assez) long périple (presque) en pleine nature, face au moulin Sainte-Anne, et juste au-dessus du canal-puits qui irrigue la « ceinture verte » de la cité des Papes. On serait bientôt surpris de découvrir là, subitement, au milieu de nul part, cette bâtisse rose « bonbon » si, et seulement si, il n’était (largement) stipulé sur la façade, en lettres d’acier, l’enseigne du lieu. En première partie, on découvrira un patio-jardin très aéré (en cette fin de mois d’Août), et, en haut de quelques marches, l’espace restauration, un espace très zen, épuré oserais-je dire, dans les tons gris clairs, sol en dalles acier, tables immaculées, chaises design bois et tissu blanc, fauteuils de cuir blanc et puis, au fond, un très bel aquarium où surnageront deux homards bleus quelque peu esseulés…L’accueil se révèlera aimable, sans plus ! Pour tout dire, on fait ici dans la (grande) « discrétion » ! Le service est feutré, tout comme la musique d’ailleurs, très « aquatique » ! Question amuses-bouche on est vraiment dans le gustatif prononcé mais « limité » ! La petite cuillère de velouté glacé de tomates, et concombre, en est un parfait exemple, quoiqu’exquise ! Le velouté d’artichaut au citron confit, et copeau de parmesan, me séduira beaucoup plus d’un côté par sa présentation en verrine et mini paille, et sa feuille d’artichaut de porcelaine. Et puis, pour les « fragilisés » du foie, il est totalement recommandé ! La coupe de champagne ira se « chercher » chez J.P Fleuty, en rosé, le verre de rosé chez Domaine Valdition en 2009, et celui de rouge chez Château Saint-Estève en 2008. Une sélection judicieuse que nous devrons à Carole, le maître d’hôtel et sommelier. Le tourteau en feuille de nori, mayonnaise légèrement relevée au curry ressemblerait à s’y méprendre à un maki (avant découpage) bordé de pointes de mayonnaise au safran fort esthétiques, et néanmoins goûteuses. Le foie gras de canard, et truite fumée en compression, sorbet à la rhubarbe, prendra l’habit d’un « millefeuille » alternant foie gras et truite fumée ! Quoique surprenante au départ, l’alliance en bouche n’est pas « incompréhensible » et j’aurais même tendance à dire qu’elle deviendra, au fil de la dégustation, de plus en plus « intelligible » ! Le Saint-Pierre de Bretagne cuit à basse température, oignons bottes et petites carottes, beurre rouge à la badiane, nous aura fait forte impression même si l’on est, incontestablement, dans un minimalisme de bon aloi ! Le produit s’exprime magnifiquement sublimé par un chef, Erwan Houssin, un « ancien » du Meurice à Paris, qui, indéniablement, est un passionné du « piano ». Ses minis carottes et oignons cuits à la perfection (à mon goût), alliés à ce beurre « badianisé », font dans l’excellence ! Le pigeon de Bresse de chez Miéral, rôti sur l’os, pomme de terre nouvelle fourrée de sa cuisse en effiloché, pulpe de tomates, jus de presse à l’origan, nous aura réservé une jolie surprise. Tout d’abord pour les yeux, puis pour nos papilles « ensorcelées ». Cuisson idoine, produit incomparable et « maîtrise » d’un jus à l’origan quasi idyllique. Le plateau de fromages frais et affinés, sélectionnés par leurs soins, se « présente » sous la forme d’une (mini) cloche à fromage, et son plateau, translucides, avec quatre « échantillons » de produits, un Comté, un Saint-Félicien, un dôme de chèvre aux noix de pécan et une cabrette de Camargue. Le pré-dessert, car il y aura eu un ne vous déplaise, prendra l’aspect d’un « gâteau » de semoule aux agrumes, et émulsion de chocolat. Curieux, inattendu, mais pas franchement déplaisant ! D’aucuns s’extasieront peut-être bien, mais vous savez que je demeure impartial et intègre, et qu’il n’est pas dans mes usages de « feindre » ! S’agissant des desserts conçus et réalisés par Pamela Solignon, le chef pâtissier issu du Bristol à Paris, on assistera à un « spectacle » bien rodé et orchestré, tout de subtilité, de finesse et de dextérité. Le minimalisme est, certes, toujours de rigueur, peut-être du à leur « carrière » hôtelière respective, mais « ils » friseront tous deux, l’excellence. L’idée du filet de sucre et de la feuille d’or enserrant l’onctueux au lait entier à la noix de Macadamia et poire, crème glacée Jivara lactée fève de Tonka, fera preuve de savoir-faire et de patience.
Les framboises fraîches à la réglisse, et chocolat, sur un fin sablé au citron utiliseront le même style de « mise en scène » mais sur le thème de la framboise en sorbet et fruit, avec son chocolat noir en feuilletage. Les mignardises, quant à elles, « fricoteront » bien avec le moléculaire, notamment, cette « sphérification » de Mojito « en cuillérée ». La bonbonnière, accompagnant les cafés nous fera ressurgir de doux souvenirs d’enfance avec ses (mini) caramels mous au beurre salé ou au lait, et ses nougats chocolatés tous « en papillotés »… Avant de quitter vos hôtes jusqu’à votre toute prochaine visite ( ?), un petit conseil, allez jeter un œil à cette salle d’hiver, toute de poutraisons et vieilles pierres conservées, où le sol se déroberait (presque) sous vos pieds tant il est vrai que l’on a eu là riche idée de « revêtir » le sol de dalles vitrées laissant ainsi apparaître le délicieux spectacle du canal-puits s’écoulant sous la maison, semblable à celui du temps qui passe inexorablement…
Ouvert du mercredi midi au dimanche soir. Le midi, menu du jour à 19 €. Midi et soir menus à 26, 34, 48 et 64 €. Confection de menus personnalisés.

Restaurant Le Diapason
1764, avenue du moulin Notre Dame-84 000 Avignon-Tél. : 04 90 81 00 00
www.lediapason-restaurant.com

Tuesday, September 7, 2010

La Sommellerie - 84 230 Châteauneuf du Pape


Tout en finesse …

C’est en cherchant un hôtel sur le secteur de Châteauneuf-du-Pape qu’après un simple coup de fil nous annonçant que l’établissement était complet durant le week-end pour cause de mariage, que la curiosité nous poussât à le « rencontrer ». Passé le village, il nous aura fallu parcourir quelques quatre kilomètres pour nous y rendre et pénétrer en une délicieuse auberge « perdue » en pleine nature. L’accueil de Patrick Morizet, et de son collaborateur, se révèlera affable, mais sans excès aucun. Le hall ne fait pas dans la grandiloquence. Sobre il est, sobre il restera ! Par contre, changement de décor dès que vous franchissez la cheminée et aboutissez sur la terrasse. Un calme « olympien » y règne, celui que l’on aimerait à « croiser » plus souvent (hormis les quelques voitures ou camions qui passent de temps à autres sur la route toute proche). Un clapotis du à l’eau de la fontaine se déversant dans la piscine calmerait tous les stressés ! Nous voici, de la sorte, prêt à toutes les audaces culinaires ! Côté choix, notre instinct nous orientera sur le parcours de la « collection gourmande ». En « Préludes », nous aurons optés pour des scampis poêlés au piment d’Espelette mariné, guacamole d’avocat et cœur de salade à l’huile de curry (276 calories). Tout en finesse et légèreté, les scampis sont excellemment saisis et le guacamole s’en accommodera assez bien, « sublimé », notamment, par un soupçon de piment d’Espelette savamment dosé. Le duo de foie gras confit et mariné au Beaumes-de-Venise, chutney aux fruits de saison et Rasteau doux, révèlera un foie parfaitement saisie, légèrement croquant et idéalement aromatisé. Celui au naturel, outre d’être généreux, se voit proposé à bonne température, et d’une texture fort séduisante en bouche. Les noix de Saint-Jacques rôties, leur risotto truffé en assiette creuse, n’auront aucun défaut à « déclarer ». Risotto parfait, cuisson des noix idoine et truffe d’été en émincé en arôme sublimant.
Le quasi de veau gratiné au parmesan, asperges et pomme d’amour, jus corsé aux truffes, ravira les plus exigeants épicuriens. Rien que pour le plaisir des yeux, le chef, Sébastien Félix, fait dans le « théâtral » efficace. Il n’est que de « suivre » ses prestations pour s’en convaincre ! Le duo d’agneau, l’épaule confite six heures en surprise d’aubergine, le carré rôti du moment, et jus aux senteurs de thym, s’annonce finement et subtilement. L’épaule en « crépinette » d’aubergine dévoile un aspect goûteux quasiment « rustique » qui ne laisse pas, loin s’en faut, indifférent. Le rôti quoique aguichant s’avèrera un poil trop saisi avec, par conséquence, un arôme beaucoup trop absent. Le Châteauneuf-du-Pape-Mont-Redon 2005, suggéré par Vincent Bremond, le chef sommelier, s’alliera judicieusement aux mets concoctés. Question gourmandises, allez j’invoquerais mon joker ! La rencontre macaron aux pistaches et griottines à l’eau de vie n’opposera aucune résistance à nos « attaques » gustatives (en trois ou quatre cuillérées seulement), le fondant tiède au chocolat guayaquil (en deux spécimen), glace vanille (artisanale de chez Castelain) séduira les plus exigeants gourmets. Quant aux œufs en neige (en mémoire de sa grand-mère), aux pralines roses et fruits rouges, on leurs reprochera (allez soyons sourcilleux !) un relatif minimalisme des blancs en neige avec, toutefois, ce côté positif de la crème Anglaise, certes pas « exubérante », mais, cependant, fort honorable, malgré une présence beaucoup trop « appuyée » des fruits rouges ayant une détestable tendance à la dénaturer ! Le café s’avèrera excellent, on regrettera seulement qu’il n’y en ait eu, pour ce faire, une carte ! Quant au petit verre de vieux Marc de Châteauneuf, pourquoi pas ! Sachez que sur simple commande, pour deux personnes minimum, la bouillabaisse de Sébastien, servie en deux temps, la soupe de roche, la rouille et ses croutons, puis les poissons en filets sur lit de pommes de terre safranées dans leur « bouille », il vous faudra compter, pour la déguster, un délai de 24 heures chrono…


La Sommellerie Hôtel *** Restaurant
Route de Roquemaure-D17- 84 230 Châteauneuf-du-Pape
Tél. : 33 (0)4 90 83 50 00 / Fax. : 33 (0)4 90 83 51 85
www.la-sommellerie.fr / E-mail : la-sommellerie@wanadoo.fr

Entre Vigne & Garrigue - 30 131 Pujaut


Entre étoilé et « tête dans les étoiles »
Notre venue en la « ferme » de Maître Chenet aura eue lieu en une superbe journée de la fin du mois d’Août. Certes, le cheminement vers l’antre de cet ancien chef du Prieuré à Villeneuve-lez-avignon, se révèlera-t-il, comment dirais-je, (assez) laborieux ! Même le G.P.S y perdra son « latin » ! Ceci dit, l’appréciation de l’instant n’en sera que plus grande ! Face à l’entrée, l’ancienne petite chapelle « muée » en salle de restaurant, et sur notre droite, avec vue sur la campagne, les oliviers et une bâtisse demeurant « intentionnellement » en ruine, une seconde salle, la principale, où nous nous serons attablés auprès d’une petite lucarne avec vue sur le potager. Table ronde de quatre couverts, nappées de mauve, chaises façon cuir gris, tapis en coco de mer, mur de pierres apparentes, appliques « décorées » à l’africaine, suspension mauves et rideaux dans les tons taupes, nous voici prêts à sélectionner les mets sur une carte à deux menus, l’un à 38 € et l’autre à 57 € (renouvelés chaque semaine). La mise en bouche sa révèle « séduisante » avec une tomate-cerise mi- cuite caramélisée, des mini fallafels et des petits canapés. La soupe de foie gras en capuccino de verveine se présente en émulsion de plante sur lit de crème de foie gras. La consistance est mi ferme, mi onctueuse, savoureuse en bouche, et laisse un arrière-goût de verveine plus que prononcé. Les petits pois sembleraient maison (à en croire la serveuse) et, peut-être même, du jardin. La carte des vins nous est apportée par un sommelier pour le moins « taciturne » ! On aurait la sensation qu’il se trouverait sous le coup d’un avis d’expulsion du territoire Français !

Il nous « glisse » à l’oreille que le chef et patron, Serge Chenet, nous aurait concocté une sélection de vins au verre, dont nous déclinerons aimablement l’offre, sachant que les « mélanges » sont franchement propices à une (relative) ébriété ! Le risotto aux cèpes, trompettes de la mort, girolles et lactaires, bien qu’assez minimaliste, fait dans l’excellence des produits et de l’alliance. Le homard et « ses » escargots, tomates, ananas à la plancha, au jus de persil, se dévoile « séducteur » en diable tant à l’œil qu’au palais, mais il manquera souverainement de légèreté. Les escargots n’étaient certainement pas des « gros » de Lyon ! Ceci dit, en toute honnêteté, la justesse de la « combinaison » emportera, malgré tout, notre adhésion ! Le canon d’agneau, et aubergine confite, jus aux herbes des garrigues, pouvait « apparaître » un poil trop saisi. Or il n’en sera rien ! La purée de pois chiche fera montre de succulence, tout comme l’aubergine. La côte de veau rôtie (pour deux), jus au parfum d’arabica, gnocchis et artichauts violets, même si elle ne se révèlera pas (trop) rosée, dévoilera une « onctuosité » du produit remarquable. La purée d’artichauts s’avérera goûteuse à souhait ! Le chariot du fromager s’avancera au son de la trompette de Sydney Bechett, sans qu’il n’y ait de remarques particulières à émettre ! Que n’a-t-on prévu de l’opéra ou du classique (beaucoup) plus en adéquation avec le lieu ! La conclusion des conclusions ce sera pour les desserts. La mousse de chocolat, comme un soufflé chaud, s’apparentera plus à un moelleux « lové » dans une assiette-creuse, avec sa glace à la noix de coco, mais on en tiendra pas rigueur au chef qui ne démontrera pas là le meilleur de son talent ! Le millefeuille de fruits rouges, pannacotta et glace amande, nous dévoilera, par contre, des atouts insoupçonnés, notamment au niveau de son feuilletage et de sa crème vanille ! Les mignardises du jour « escortant » le café n’auront d’autres atouts que ceux d’un milkshake à la lavande et une tuile au carambar « gentillette » ! D’autre part, il nous faudra bien relever un certain manque de professionnalisme dans le déroulement du service, et ce malgré les efforts évidents de certains pour maintenir un « style » qui ne fait pas, fort malheureusement, vraiment illusion ! Le sourire et la discrétion ne font pas tout !
Serge Chenet (Meilleur Ouvrier de France/Maître Cuisinier de France/Cuisinier Conseil International)



Entre Vigne & Garrigue-Restaurant et chambres d’hôtes
Route de Saint-Bruno-30 131 Pujaut – Tél. : 04 90 95 20 29
www.vigne-et-garrigue.com / contact@vigne-et-garrigue.com

Thierry Piedoie - 84 000 Avignon



En savoir un peu plus

Rien que les « effluves » d'échalotes qui nous parviennent jusque dans la rue, nous procurent cette irrésistible envie d'en savoir un peu plus! L'atmosphère, il faut bien l'avouer, surprend d'entrée de jeu par un côté « rustico-provençal » qui domine assez nettement avec ses murs de pierres apparentes, ses poutraisons, sa porte à double-battants d'origine, ses banquettes de velours rouge (rayées noir) et ses nappes à carreaux sur toutes les tables (tiens, exactement comme ma carte de visite). Les chaises sont cannelées, et le petit chef en céramique (dans la niche) nous dévoile la « sélection des vins du mois ». Avec une formule du marché à 18 €, sauf les vendredis, samedi et dimanches (et jours fériés), un menu « jeune convive » (pour vos chères têtes blondes), et un menu carte à 29 €, on est là dans le (quasi) imbattable, avec un rapport qualité du produit / réalisation /prix bien plus que satisfaisant ! Trois « coupettes » de champagne Taittinger nous auront permis de nous éclaircir les idées. Un Saint-Joseph-cave de Tain-2008 (au verre), nous aura également accompagnés tout au long de ce parcours culinaire. Allez, soyons audacieux, la salade de cervelle d'agneau poêlée à la Grenobloise, avec ses câpres et son beurre noir sera pour moi, et, sachez-le, je ne le regretterais pas ! C’est là un plat fort peu rependu, mais très goûteux et d'une « jolie » finesse en bouche. Les ravioles de homard dans leur sauce américaine avaient beaucoup de secrets à nous dévoiler, et ce n'est pas si surprenant, si nous n’avons pu en « résoudre » que quelque uns, le homard se révèlera, quant à lui, majestueusement. Quant aux fleurs de courgettes, elles nous apparaîtront fourrées à la brousse et impeccablement traitées. Le chef, Robin Mayen, disciple de Thierry Piedoie, le maître des lieux, « maîtrise » parfaitement les cuissons et les alliances. La joue de porc confite à l'ail doux, légumes primeurs, fera dans le séduisant, voire même l'aguichant! La pastilla de pigeon au foie gras et poireaux s'avérera « impériale », il ne lui manquera pas même l’élégance de sa présentation. Le poisson d’arrivage du jour, un loup simplement grillé au fenouil, huile vierge et citron révélera la « simplicité » d'exécution dans toute sa splendeur! L'élan du chef ne se limitera pas à cette « prouesse » gustative, bien au contraire, se prolongera-t-il bien au-delà, du côté des douceurs, avec un millefeuille crème vanille et framboises révélateur des multiples talents de ce chef quasi inconnu, mais en devenir (selon l'expression consacrée) ! Le nougat glacé maison, et sa tuile croustillante, n'aura pas tout à fait les même « convictions », tout en demeurant, cependant, plus qu’honorable! La rouelle d'ananas rôtie n'aura pas eu tort de se vouloir imposante, succulente oserais-je dire, avec un caramel beurre salé totalement idoine. La tarte fine aux pommes (20 minutes de patience!) ne fera, certes pas, montre d'une extrême générosité, mais avec son « côté » caramélisé et sa pâte finement préparée, et saisie, elle se dévoilera (suffisamment) surprenante! Il est réellement dommageable que, sur Avignon, ce chef, et sa table, ne soit pas plus remarqués, d'autant qu'ils sont remarquables!
Fermé les mardis et mercredis. Ouvert de 12h à 13h30 et de 19h15 à 21h30.

Thierry Piedoie
26, rue des 3 Faucons-84 000 Avignon- Tél.: 04 90 86 51 53 / Fax.: 04 90 85 17 32
piedoie@clubinternet.fr

Monday, September 6, 2010

Oustau de Baumanière - Les Baux de Provence


Belles manières et art de vivre…
A l’ombre de deux figuiers ancestraux, et au chant (persistant) des cigales, nous aurons eu l’insigne honneur de pouvoir « partager » la passion « culinaire » de Jean-André Charial, le non moins célèbre chef et homme d’affaire, l’espace d’un déjeuner sur la terrasse du « vaisseau amiral » de sa « flotte », à savoir la table élaborée par son propre grand-père, et fondateur du lieu, Raymond Thuilier il y a là plus de soixante-cinq ans. Nous voici donc confortablement installés en ces fauteuils de métal peints aux coussins côtelés beiges, face à une table nappée, affichant, malgré tout, un léger accroc sous l’assiette, incident que nous attribuerons à une « inattention » (très) passagère, mais, cependant, non rédhibitoire ! Le service s’avèrera fort bien « huilé », et l’affabilité des chefs de rangs, sommelier et autre maître d’hôtel, sans faille ! C’est là chose fort appréciable ! Nous aurons eu la chance qu’une serveuse nous présenta, sur une desserte prévue à cet effet, les diverses cuvées de champagnes (« plantées » dans des glaçons) proposées à la coupe. Un Perrier-Jouet rosé-blason rosé, un Krug ainsi qu’une cuvée spéciale Baumanière. Nous opterons donc pour un Krug ainsi qu’un Perrier-Jouet, sans le moindre regret !
Le (prè) amuse-bouche sur ardoise offrira l’opportunité d’un mini croustillant aux courgettes, d’une verrine melon- crème d’ail et d’un gratin de brocolis. Mais, le plus « scotchant » ce sera l’amuse-bouche en « chef », un foie gras de canard au naturel, chutney de cerises et sa gelée ! Le ravioli de poireaux et foie gras, léger nuage aux truffes, fera dans l’émulsionné au superlatif avec sa truffe émincée (hyper généreuse) de quoi ravir les amateurs et autres passionnés du Tuber Aestivum ! L’œuf de poule, eau en gaspacho, en consommé clair, servie tremblotante, jus et condiments d’un aïoli en chaud-froid, aura (presque) ma préférence, d’autant que le met s’avèrera royalement concocté ! Les légumes d’été cuisinés au sautoir, courgettes rondes, écrasées au goût de cumin, condiment, cébette, tomates, truffe ce sera pour l’aspect fraîcheur ! Nous ne pouvions manquer de relever que tout autour de nous, sept tables, était essentiellement constituées d’étrangers (Américains, Japonais, Anglais, Chinois et Italiens, etc.). Serions-nous parmi les derniers Français à pouvoir apprécier une cuisine qui frise là l’art culinaire, et ce à des dizaines de kilomètres à la ronde ? Le turbot de Bretagne en tronçon, oignons nouveaux, champignons blancs, lardons croustillants aux sucs de persil plat et citron confit fait là dans l’excellence tant au niveau des produits, de l’association des mets que de mise en scène. Même le fenouil (pourtant pas franchement notre tasse de thé) saura se faire apprécier de nos papilles pourtant assez récalcitrantes ! La volaille à l’estragon, en hommage à Monsieur Thuilier fait, certes, dans le (relatif) classicisme mais « revisité » par Sylvestre Wahid, le « bras droit » en cuisine, à l’Oustau de Baumanière, de Jean-André Charial, c’est un extrême bonheur ! Le ris de veau de lait doré au sautoir, abricots de pays et foie gras confit au goût de fenouil sec, s’affichera en brochette avec sa « concassée » de fruits secs et foie associé subtilement au fenouil. Légèreté, fluidité et, surtout, « sincérité » d’une préparation idoine à plus d’un titre ! La kyrielle de fromages et son assortiment de petits pains ne sera pas « retenue » tant il est vrai que nous y aurons consacré les deux précédents déjeuner et qu’à ce stade cela friserait, non plus la gourmandise, mais quasiment l’ « attentat » gustatif ! Le propre frère du chef, Jonathan Wahid, en chef pâtissier qui se respecte, nous aura fait montre de tout son talent avec son millefeuille, un « classique » de Baumanière, crème légère à la vanille de Tahiti, florentine pistache et caramel glacé à la fleur de sel et le chocolat « pur cru » frappé au parfum de champagne et pamplemousse rosé, ganache fouettée « Alpaco », pastèque et tuile craquante, nous offrant là un doux instant de ravissement tant pour les yeux que pour les papilles. Mais « la » spécialité de l’Oustau, la crêpe soufflée au Grand-Marnier, outre de se présenter on ne peut plus « généreusement », fera montre d’une dextérité hors pair avec, notamment, une crème Anglaise d’une « tenue » et d’une finesse incroyable ! Le genre de crème anglaise qui vous « marque » pour la vie !
Menu La Ballade des Baux à 175 €, L’évolution Tradition à 150 , le Potager de Baumanière à 130 €, la Terre… la Mer à 168 € et la formule déjeuner du Lundi au Samedi à 95 € café inclus



Oustau de Baumanière
13 520 Les Baux-de-Provence- Tél. : 33 (0)4 90 54 33 07
www.oustaudebaumaniere.com / E-mail : contact@oustaudebaumaniere.com

Sunday, September 5, 2010

La Guinguette du Vieux Moulin - Villeneuve-Lez-Avignon



Atmosphère quand tu nous tiens


Traversez le pont reliant Avignon à Villeneuve-lez-Avignon, via l’Ile Piot, et puis, arrivé au pied de la Tour du Roi Philippe IV le Bel, laissez-vous « glisser » vers la berge du Rhône toute proche pour pénétrer dans l’antre de Marc et Philippe, les heureux propriétaires d’un lieu magique à plus d’un titre. Déjà, vous vous trouverez plongé dans l’ambiance, à peine franchi le portail, d’une terrasse se prolongeant sur plus d’une dizaine de mètres pour finir par « dominer » le Rhône sur les vingt mètres suivants.Les canards viennent vous « saluer » et c’est assis là, à l’ombre d’un parasol ou des canisses, que nous aurons, cartes en main, optés pour une assiette de charcuterie (l’entrée du jour) saucisson, chorizo, jambon cru et mousse de canard, honorable mais pas transcendante, ainsi qu’ un taboulé assez léger, sans trop de poivron, et des asperges vertes, sauce vinaigrette et mesclun relativement goûteuses. N’oublions pas que nous sommes dans un lieu rustique à plus d’un titre, essentiellement basé sur l’atmosphère ! Nous apprendrons, en discutant avec Marc, que Jacques Higelin, outre d’être son ami, est un habitué des lieux, et qu’il s’adonne, non pas à des concerts, mais à des « échanges musicaux » avec un public tout acquis à sa « cause » ! D’autres tels Les Chevaliers du Fiel viendront y tenir l’ « affiche » (bien qu’ici il n’y en ait pas vraiment !). Le jour de notre visite, une expo photos de Guy Delahaye, révélera notamment, ce jour-là (17 Août), un hommage appuyé à Philippe Auron, un comédien décédé le 31 Juillet, ainsi que des portraits en noir et blanc de Nougaro, Juliette Gréco, Jean Ferrat ou Philippe Léotard qui auront pris possession des murs d’une salle déjà bien garnie d’objets totalement hétéroclites.
La brochette de bœuf, ratatouille et riz au cumin se laissera déguster sans réelle contestation, tout comme la côte de bœuf (environs 400 gr) grillée et le demi poulet fermier des Halles, accompagnés, quant à eux, de pommes rattes. Un repas ne serait pas lui-même s’il n’y avait eu l’instant desserts avec un duo de mousse aux chocolats blanc et noir en verrine onctueux à souhait, une pannacotta aux coulis de framboises « nickelle », une tartelette aux pommes, certes goûteuse, mais un poil « maigrichonne » ainsi qu’une crème brûlée à la ricotta dont la texture et l’arôme à la violette ne nous aurons pas franchement convaincus. Néanmoins, il reste à cet endroit un charme indéniable qu’il serait bien malaisé de pouvoir lui contester !


« La Guinguette du vieux Moulin »
5, rue du Vieux Moulin-30 400 Villeneuve-lez-Avignon- Tél. : 04 90 94 50 72
www.guinguettevieuxmoulin.com

La Cour D'honneur - 84 000 Avignon




Riche en simplicité !

L’endroit est (quasi) idyllique, au cœur de la rue Joseph Vernet, il « respire » le calme, la douceur et un air (presque) pur. La cour ferait volontiers penser à celle d’une école avec ses platanes ombrageux, mais la disposition des tables noires carrées, ou rectangulaires, laissent vite l’idée s’envoler ! Ici, on joue la carte du « chic » décontracté avec, de surcroît, une carte « riche » en simplicité ! C’est donc un foie gras de canard mi cuit, chutney de saison et longuets toastés,
de belle facture et généreux, avec une connotation « rustique », qui interpellera nos sens. La mosaïque de melon et pastèque aux trois poivrons, fromage de féta (AOC) fera dans le rafraîchissant. Fort appréciable par cette journée d’été. Le filet mignon de porc cuit au lait Bio, crème au miel de pays, écrasé de pomme de terre au basilic, se révèlera en trois tranches intercalées d’une purée maison assez réussie et surtout goûteuse. Le porc, même s’il n’est pas rosé, s’avèrera « souple » en texture, mais pas (trop) généreux ! La côte de bœuf Simmental à la plancha, sauce poivre et (grosses) frites maison, servie sur ardoise, dévoilera une côte (assez) opulente mais qui aurait méritée d’un poil de générosité supplémentaire. Par contre, les frites maison, longues, moelleuses comme on les aime, feront dans l’ « excellence ». Un point que l’on est obligé de notifier tant on rencontre à ce niveau, tout et n’importe quoi ! La coupe de champagne sera de Billecart Salmon, et le verre de rosé du Domaine Ott. Rien de révolutionnaire en soi, mais on ne saurait critiquer ! J’aurais, pour ma part, tenté l’aventure du pavé de thon rouge frais, légumes croquants du soleil (comme ils disent !) sauce céviche, avec un (relatif) bonheur puisque ce n’est pas, osons là l’avouer, ma préférence ! Mais le bougre a su se faire apprécier avec une cuisson idoine et un produit sans (réel) reproche ! L’association, en revanche, des haricots verts frais, un poil trop croquants et des poivrons verts, jaunes et rouges (dès lors que je ne les affectionne pas), et des frites maison que
j’avais requis tout spécialement, se montrera « flatteuse » à mes papilles en émoi.
Côté desserts, le tiramisu aux spéculoos, la crème brûlée à la banane et vanille Bourbon, le moelleux au chocolat noir et éclat de noisette, crème anglaise (maison), la pannacotta au thé Matcha Mariage Frère, framboises fraîche et son coulis, avaient tous un point en commun, celui d’une exécution sans faille et d’un indéniable effet séduction de nos papilles. Ceci est d’autant plus remarquable, et surprenant, que l’ « auteur » de ces « gourmandises » n’est pas âgé de plus de 17 ans et qu’il fonctionnerait essentiellement à l’affectif ! C’est très prometteur ! Un conseil, n’oubliez surtout pas de requérir les services de Pierre-Franc, l’un des collaborateurs de la maison, vous ne sauriez que vous en féliciter.
Cuisine de saison, formule déjeuner à 13 € 50 (du lundi au samedi)

La Cour d’Honneur
58, rue Joseph Vernet-84 000 Avignon- Tél. : 04 90 86 64 53
www.cour-honneur.com
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...