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Sunday, December 19, 2010

Le Mas de Peint - 13 200 Arles

Souvenir d'enfance, quand tu nous tiens !

Paumée ( façon de parler) au milieu de nul part, la superbe bâtisse du XVIIème , apparaîtra au bout d'une longue allée, « balayée », ce jour-là, par un fort vent d'ouest qui, il faut bien l'avouer « décoiffait » (c'est le cas de le dire !) ! Si celle-ci « naquit » en 1602, sur l'initiative de Monsieur Pain, un homme d'affaires local, pour y rester durant 200 ans, aboutir dans la famille Bon dans les années 50, et se voir renaître en hôtel-chambre d'hôtes en 1994, ce sera, véritablement, pour notre plus grand bonheur ! Nous déclinerons, gentiment, l'offre de la terrasse pour requérir la salle de cuisine, à notre humble avis, beaucoup plus intime, et chaleureuse, avec ses poutraisons, ses meubles rustiques, sa cuisinière à l'ancienne, son plan de travail en marbre gris, et puis ses tables immaculées (rayées gris) ! Il est vrai que nous « marquerons le pas », s'agissant de la formule unique du jour qui ne permets pas de choisir selon ses goûts ! Nous aurons, donc, la primeur d'un œuf (de poule cuit) mollet, mariné au soja, brandade de morue, émulsion safranée, et crispi de grison, délicieux, succulent, exquis en diable ! J'aurais beaucoup apprécié, notamment, le fait que le second de cuisine prépare certains plats (presque) face à nous sur son « piano » ! Les cocottes en fonte fumantes, et autres casseroles, nous feront, immanquablement, saliver ! On aurait quasiment la sensation d'être attablées chez notre grand-mère ! Souvenir d'enfance, quand tu nous tiens ! 
Le champagne Billecart-Salmon rosé, tout comme le Domaine Trevallon – 1999 -Vin des Baux de Provence, jouera les prolongations durant tout le repas ! Viendra le plat « mijoté », mitonné par le chef, un filet de cabillaud de méditerranée « à sa façon », à la cuisson idoine, avec ses petits légumes (aubergines, céleris, fenouil, poivrons rouges, câpres géants, feuilles de jeune laitue et carottes) légèrement croquants, servis en plat Staub très « rustiquement » avec, sur planche, la (grosse) gousse d'ail, l'aïoli ainsi que les petits croutons « frais ». Une incontestable et séduisante réussite ! Tout en simplicité mais, néanmoins, efficacité ! L'ardoise du maître fromager, Patrick Fenez (de Salon) révélera un crottin Provençal, un gaperon d'Auvergne ail et poivre, un chèvre au fenouil et une tome de brebis, abricots secs, le tout plus que généreusement servi, que nous aurons bien du mal à terminer ! Johan, et Thouayibati (originaire de Mayotte), nous réserverons un service personnalisé, et rondement mené ! Sourire et compétence ! De cette manière, on se sentirait (presque) comme chez soi, il n'y manquerait plus que la cheminée, et le feu de bois crépitant ! Il ne nous étonnera donc pas de découvrir l'aspect douceurs du chef Julien Banlier, une pana cotta Carambar, riz au lait de Camargue et sa glace caramel beurre salé, excellentissime ! Le (petit) verre de liqueur de Frigolet, des pères Prémontrés de l'Abbaye de Frigolet, imposera le respect face à une cuisine qui va bien au-delà de la respectabilité.
Restaurant fermé le mercredi toute la journée, ainsi que la mardi et jeudi pour le déjeuner.
Déjeuner (à la carte ou menu) 48 €. Dîner (menu unique) 59 €. Menu enfant 19 €.

Le Mas de Peint Hôtel Restaurant****
Le Sambuc – 13 200 Arles
tél.: 33 (0)4 90 97 20 62 / Fax.: 33 (0)4 90 97 22 62

Saturday, December 18, 2010

La Charcuterie - 13 200 Arles

Authentique en diable !

Arrivés place du Forum, prenez la petite ruelle au fond à droite, dites des Arènes, et puis là, à quelques vingt mètres, une ancienne charcuterie qui en a d'ailleurs conservée l'enseigne, transformée depuis 1985 en « temple » de la restauration, certes, mais une restauration atypique, authentique en diable ! Nappes à carreaux rouge et blanc, comptoir de marbre, photos de tauromachie, chaises, banquettes (velours rouge) et tables bistrot, chambre froide de boucher (conservée) confèrent à ce lieu « hors du temps » une âme incontestablement séduisante. Le patron, François Colcombet, et sa femme Rég « en cuisine », mènent tambour battant ce petit « bijou » de « charcuterie » ! Si j'en crois mes « infos », une certaine Inès, aristo - branchée de son état, serait une « fidèle » admiratrice du lieu ! Là, au moins, nous serons peut-être en accord ! Le jambon de Serano, pain grillé frotté à l'ail et à la tomate, révèlera un produit de premier ordre ! Rien qu'à la couleurs, nous en serons convaincus ! Le jambon persillé, un plat « simplissime », mais d'une rusticité déconcertante, n'aura nul besoin d'artifices ! Extra !
 L'andouillette de chez Bobosse, « la » véritable de Lyon, cuite dans sa sauce moutarde n'aura d 'égale que ça grande finesse et suavité ! Ce n'est plus du AAAAA, mais du hyper A+ ! Le saucisson chaud, pistache aux morilles, pommes vapeur révèlera une cervelle des canuts (je vous entends déjà vous interroger, à ce sujet), en fait un fromage blanc battu aux fines herbes et vin blanc. Le magret de canard (au moins 300 gr) grillé à la plancha, hyper bien rosé, avec son gratin dauphinois, succulent soit-dit en passant, jouera une « carte » alliant l'humilité et la majesté ! Le Saint-Marcellin de la mère Richard à Lyon, se révèlera pour le premier, un poil « avancé », et pour le second, idéal !
 Côté desserts, fort malheureusement, nous « descendrons » une marche, à regret, je dois l'avouer, avec une Tatin banale (pas maison) crème fraîche sympa et un gâteau au chocolat crème vanille pas « révolutionnaire ».
Ouvert midi & soir, fermé dimanche & lundi.

Bouchon Lyonnais
La Charcuterie
51, rue des arènes – 13 200 Arles – Tél.: 04 90 96 56 96

La Chassagnette * - 13 200 Arles

Il est « libre » Armand ...

Soit vous arrivez d'Arles, soit des Saintes-Maries de la Mer, mais toujours est-il qu'il vous faudra vous diriger vers le Sambuc (non loin du Mas de Peint), et six kilomètres avant sur votre droite, bien indiqué, une bâtisse du XVII ème siècle, en fait une ancienne bergerie, ouverte aux convives en tant que restaurant depuis l'an 2000, et repris depuis 2006, par Michel Mialhe, le directeur de salle, et Armand Arnal, le chef et inspirateur du projet. Il faut savoir que ces messieurs là « succédaient » à Jean-Luc Rabanel, le chef « Bio », désormais installé à Arles. Au jour d'aujourd'hui, le jardin s'est, véritablement, métamorphosé avec un hectare en jardin dit à la Française, et deux hectares pour la « production », est-ce à dire le potager qui, durant six mois de l'année, leur permet une auto-suffisance. Un cocktail de « bienvenue » nous sera proposé pomme-poire du jardin, infusion sauge-ananas et Prosecco (un champagne à l'Italienne) très subtil. Quant à moi, j'opterais pour un « simple » champagne Billecart-Salmon (Brut Réserve). A titre d'amuse-gueules, nous aurons eus la primeur d'une purée de pois chiche aux piments et d'un pain fait maison, tranches de saucisson. Côté entrée, le chef nous aura concocté un rouget en deux phases, l'une cuite (grillée), l'autre crue en tartare, agrémentée de chizo, d'huile de chizo et de fleurs de bourrache. Un œuf mollet cuit coulant, mayonnaise citronnée, brunoise de légumes croquants huile de ciboulette, et fleur de capucine, ainsi qu'un noodle de calamar, pestou de roquette, citron confit, vinaigrette et Monalisa, des chips de pomme de terre. A ce stade, Armand Arnal, pouvait prétendre avoir conquis nos papilles, mais il en faudra plus pour les étonner ! Ceci dit, la farandole des plats qui allaient suivre ne pouvait véritablement les décevoir. 
Rien que l'agneau de Saint-Gilles (Emmanuel Lafaye), un rouge du Roussillon, céleri braisé en Osso Bucco, les « scotchera » sur place ! Onctuosité, saveurs et savoir-faire, une trilogie imbattable. La pièce de taureau, effeuillé de petsaï, trompettes de la mort et chanterelles, compotée d'oignons, baies de genièvre et citron vert jouera la carte soft, mais en sublimant des produits d'exceptions. Seule le sole rôtie, blettes glacées aux agrumes et à la badiane, condiment noisette, bien que suave n'aura pas cet « état d'âme » que nous lui aurions espéré ! Un manque évident de générosité de la sole ! Le « ballet » de Raphaël, le sommelier, et de Ronald s'avérera bien orchestré et nous ne tarirons pas d'éloges sur la dégustation (œnologique) qui nous sera proposée. Un domaine de l'Ausseil Papillon-2008 (vin de pays des côtes Catalanes), et un synthèse de Riberach en blanc, puis un Haut Musiel-Syrah-2007, et un La Chance-2009 (vin de pays de Mont Caume) en rouge. Une dégustation judicieuse, équilibrée et, surtout, non agressive !
 Tout à coup, une douce « mélopée » surgira de nul part, une musique reconnaissable entre toutes, un timbre de voix rauques, celui de l'un des Gipsy King qui déjeunait là en famille, queue de cheval et lunettes sur le nez, entonnant quelques uns de « ses » nombreux succès ! De l'improvisation juste avant le plateau du maître fromager et sa confiture de figues blanches, succinct, certes, mais joliment sélectionné, un florilège de brebis et autres chèvres frais, secs, ou demi-secs. Le dessert, eu égard au ciel de plus en plus orageux, se prendra à l'intérieur. Changement de décor donc avec un mur entièrement « végétalisé » de feuilles de laurier, des chaises de théâtre (Belge), de grandes tables d'hôtes et des meubles de pharmacie authentiques, et puis la poire pochée au gingembre et miel, pain perdu à la semoule, sorbet miel-gingembre, fine en bouche et « roucoulante » de désir, un soufflé aux myrtilles, sorbet fenouil-bronze surprenant, voire un peu déconcertant, qui nous fera l'honneur d'une belle référence aux meilleurs du genre. Quant au moelleux à la pistache, figues fraîches marinées, réduction de porto, et glace pistache, il n'aura pas les même mérites sauf à offrir des (petites) figues aguichantes et rondelettes ! A l'évidence on sent bien un « air » de « liberté » sur cette cuisine, un sens inné de l'association des mets...
Formule déjeuner à 34 €. Menu découverte à 90 €.
Fermeture le mardi et le mercredi.

La Chassagnette *
Restaurant potager Bio- bibliothéque gourmande
Domaine de L'Armellière – Route du Sambuc – 13 200 Arles
Tél.: 33 (0)4 90 97 26 26 / Fax.: 33 (0)4 90 97 26 95

Le Cilantro - 13 200 Arles

Bon périple au goût du monde !

Laissons derrière nous la montée Vauban, et le jardin des lices, et dirigeons-nous vers l'amphithéâtre et la cathédrale paléochrétienne (du IVème siècle après J-C ). Franchissons la porte, longeons le mur de pierre, et la véranda, pour pénétrer l'antre culinaire de Jérôme Laurent, le chef et maître du lieu. Sa salle « joue » sur les tons anisés et marrons, les tables basses et hautes. Allez, optons pour les hautes plus ludiques ! La carte fait dans le soigné avec les « idées du chef » mais également les « délices d'automne » ! Nous aurons, le temps d'une lecture, la primeur d'un gaspacho de tomate, Saint-Jacques et riz « venere », et de sa sauce Thaï. Belle entrée en matière ! Un homard juste saisi, quinoa braisé et salicornes, bouillon à la mauve, excellentissime, tant en cuisson qu'en alliance, des cromesquis d'encornets et langoustine à la plancha, jus tomate rôtie et ail des ours séductrice en diable, et un cèpe du moment au foie gras chaud, parfum réglisse savoureux et « spectaculaire » auront tôt fait de nous convaincre du savoir-faire d'un chef hors normes ! Un velouté de topinambour, saupoudré de reine des près, viendra furtivement, mais astucieusement, s'immiscer dans notre « tête à tête » culinaire. Le loup à l'unilatérale, pomme moelleuse et émulsion d'herbes folles, copeaux de poutargue, affichera une cuisson idoine, le pigeon des Costières, en croutes de cèpes, compotée d'oignons et gratin de potimarron révélera un superbe produit magistralement « mis en scène » !
 La pièce de bœuf « waguy » (origine Australie) aux aromates s'avèrera d'une onctuosité et finesse en bouche remarquable ! Nous aurons « transité » par une soupe de mangue, émulsion de noix de coco, symptomatique des talents du chef ! A ce stade de la dégustation, j'avouerais que le Berail Lagarde-Corbières-Roques Sestière- Vieilles Vignes – 2008, le Pouilly-Fuissé Domaine Ferret - 2008 et une cuvée hors-classe Pouilly-Fuissé – 2006, cuvée spéciale Domaine Ferret, mis bout à bout, auront eu raison de ma « résistance » quoique, soyez rassuré, je ne sois pas parvenu à un stade éthylique ! Loris, le maître d'hôtel et son sommelier le comprendront aisément et demeureront beaucoup plus mesurés ! Je me jèterais donc sur une eau Chateldon, la préférée du Roi Louis XVI ! Pas contrariants pour un sou, nous déciderons de « tâter » de la tarte au chocolat, (mini) milkshake à la banane, et sorbet choc bitter, une tarte exquise bien au-delà de l'imaginable, une pâte sablée blonde et un onctueux au chocolat noir idéalement concocté ! Idem pour le sablé à la mangue marinée, chantilly à la mascarpone, un sorbet passion joliment aguichant et un croustillant de poire, glace pain d 'épices, à damner un saint ! J'avoue, bien sincèrement, avoir été totalement séduit par ce chef « accessible » et humble ! 
Nous apprendrons, négligemment, qu'il serait doté d'un « macaron », à mon humble avis, plus que largement mérité ! La visite prolongée qu'il nous accordera en fin de repas, nous « confortera » dans l'idée que ce chef là se doit d'être estimé comme le plus « abordable » et méritoire de la ville.
Coût moyen par personne de 68 à 85 €, menus à 65 et 76 € - Formules à 25 et 30 €. Menu carte 65 € et menu gourmand 75 €.
Le menu « idées de chef » est établi selon le marché et change chaque semaine.

Le Cilantro restaurent-traiteur
31, rue Porte-de-Laure- 13 200 Arles – Tél.: 04 90 18 25 05




Friday, December 17, 2010

L'atelier de Jean-Luc Rabanel ** - 13 200 Arles

Il est de la même matière que les rêves !

Situé au fond d'une « ruelle sans issue », à quelque enjambées de la place de l'hôtel de ville, la table où nous vous proposerons de nous accompagner aujourd'hui, en cette première journée d'Octobre affiche fièrement les deux « macarons » de son chef, Jean-Luc Rabanel, le seul à pouvoir s'en targuer à des kilomètres à la ronde ! Le dit chef répartirait tout son savoir-faire sur trois « thèmes », « son » atelier,l' iode et le bistro ! L'accueil fera indéniablement dans le beau professionnalisme, et même l'extrême affabilité. Le maître d'hôtel, et sommelier, Benjamin, comprendra notre (relatif) embarras, d'une part, pour la sélection accords mets et vins, beaucoup trop « puissante » pour nous, et, d'autre part, s'agissant des éventuelles allergies ! Alors, là, sachez que de ce côté, je « suis » un excellent « client » ! Mais, j'avoue avoir été touché de leur attention, si peu répandue ! Ceci expliquera donc cela puisque certains de « mes » plats se verront ainsi, au bon vouloir du chef, et à sa seule initiative, de la sorte « modifiés » ! Le menu « sept touches de goûts », question de timming, sera préféré à celui des « treize touches de goût » ! C'est ainsi que nous percevrons dans une ambiance épurée, très zen, aux tons rouge et noir (certainement ses couleurs fétiches !). Terre de Camargue, une tapenade d'olives séchées parfumées à l'anis verte surmontée d'un gaspacho, tuile à la tomate et huitre végétale esthétiquement « innocente » mais gustativement « responsable » ! 
S'ensuivra une verrine, salade de tomate cerise, framboise au vinaigre d'échalote, et gaspacho d'ail blanc, certes « anecdotique » mais significative dans le parcours culinaire auquel nous étions « conviés ». La tartine végétale, une tranche de pain fuccacia au romarin et pesto, légumes cuits et crus, herbes et fleurs de saison, et son lait glacé au citron confit, nous transmettra des sensations très mitigées, tantôt séductrices, et, comme pour le lait glacé, destructrice ! Florian, et Judith, les serveurs ne s'économiseront pas, notamment, pour nous apporter toutes les explications, et autres descriptions des mets proposés. Le haricot vert « au kilomètre » à la coriandre, sur un caramel d'orange, et filet de loup mariné au gingembre ou, comme pour moi, au foie gras au piment d'espelette, et sel d'orange révèlera une alliance assez subtile, d'une jolie finesse en bouche ! Une mini fougasse à la tomates séchées, et oignon, accompagnera ce met. Côté vin, nous aurons déclinés l'offre de Benjamin qui prévoyait une dégustation sur la base d'accords mets-vins pas franchement idoine pour notre métabolisme. Nous opterons, donc, pour un Côte Rôtie-Les Jumelles-2006, ainsi qu'une eau de dégustation de l'atelier (eau Frech produite sur place) histoire d' « équilibrer » un peu ! Les haricots-coco cuits à la bière (eh, oui, ça peut surprendre !), plongés dans un bouillon de coques parfumé à la citronnelle et au gingembre, tomates séchées, fenouil confit, oignon et dés de courgette, et son filet de Saint-Pierre « comme un carpaccio », ou plus précisément un rouleau de printemps se révéleront ludiques et goûteux en diable ! 
Jean-Luc Rabanel fera là « œuvre » d'une inventivité indéniable, mais, surtout, il saura « titiller » nos papilles et « attiser » leur vivacité au point de leur communiquer cet incomparable sens du goût qu'il « maîtriserait », quasiment, à la perfection ! J'aurais, personnellement, et en remplacement du précédent plat perçu, un gros raviole au piment d'espelette farci de girolles et mascarpone, pousses de roquette, artichaut cuit en barigoule et émulsion de jambon Pata Negra, croustille de pain, huile d'olive et éclats de noisette, qui perpétuera cette sensation d'extrême suavité ! La queue de lotte marinée au gingembre, rôtie au piment d'espelette, quelque légumes de saison, aromates, caramel de cacao au vinaigre de xérès et jus de lotte au gingembre se métamorphosera, pour ce qui me concerne, en une version spécifique maki d'agneau, jus de volaille au thym ! Le seul reproche, si je puis me permettre, que je ferais à cette cuisine de passionné (et, pourtant, Dieu sait si nous avons là un point en commun) c'est que l'on aurait quelques difficultés à en « extraire » le thème majeur. On se perdrait, pour le moins, en un « ouragan » de saveurs qui, mises bout à bout, y abandonneraient leur propre identité ! Mais, ceci n'engage que moi ! Cependant, une dégustation à l'aveugle devrait confirmer mes assertions ! L'aspect « sucré » de son talent se révèlera en un sablé à l'anis crème au citron, ses mures en vinaigrette de Kimbawa, tuile au thym, crème glacée au citron, meringue, zest de citron et pâte de fruit à la passion, sel de thym et eau de mûre. 
Le calisson aux olives noires, lait glacé au pastis, fenouil confit et anis gras (oh, le vilain terme !) ne rencontrera que notre adhésion, adhésion à une extrême originalité, à une vertu, celle d'oser le faire ! Les macarons chocolat blanc et menthe n'auront pas le mérite de me séduire, mais mon fils leur découvrira des charmes incontestables au point de tous les « assimiler » ! Côté verrine, un lait glacé au caramel beurre salé représentera la dernière touche apportée à un véritable « tableau » gustatif, un tour de magie que Jean-Luc Rabanel utilise, à bon escient, pour, le plus souvent, réconcilier certains d'entre nous, avec des mets soit « ignorés », soit même parfois « détestés » !

L'atelier de Jean-Luc Rabanel **
7, rue des Carmes – 13 200 Arles – Tél.: 04 90 91 07 69

Saturday, December 4, 2010

Le Barrême - 13 200 Arles


Table en devenir ?


Il n'est pas si aisé que cela de trouver ruelle à sa dimension pour accéder, derrière la place du Forum, au Restaurant & chambres d'hôtes – Le Barrême, anciennement le « Restaurant et quelques chambres », récemment repris en main par Agnés Cabin, une Lyonnaise bon teint ! Mais, une fois devant le lieu, on tourne une page notable eu égard à toutes ces tables « pièges à touristes » que l'on « croise » assez systématiquement dans le secteur. On pénètre par une véranda-terrasse, en fait la salle du restaurant, pour, soit s'orienter vers le bar-lounge (pour les soirées musicales), soit accéder, par un superbe escalier d'époque, aux deux étages abritant une suite (au premier), et quatre chambres. Nous monterons nos bagages avec l'appui « stratégique » du serveur. Les chambres sont en cours de préparation. Nous en profiterons, donc, pour déjeuner, près de la fenêtre, sur la mini banquette de métal (avec coussins, rassurez-vous !) à roulettes, où nous « ressentirons » assez bien l'atmosphère « souhaitée » par la maîtresse des lieux. Un rayon de soleil « pointera du doigt » la véranda, et nous n'aurons droit à ses « bienfaits » que vers les 13 heures. La carte et les menus d'ailleurs « vivraient » leurs derniers jours avant l'apparition de la nouvelle, la semaine suivante. 
Le thon mi-cuit à la plancha fraîcheur de courgettes en velouté, à la tapenade d'olives vertes, tranchée à l'huile du Château d'Estoublon, une « œuvre » esthétiquement séduisante mais, côté thon, un poil décevante, celui-ci s'avérant trop saisi, malgré un velouté intéressant. Le foie gras en mi-cuit roulé aux pommes, confitures de figues, pain toasté, petite salade à l'huile de noisette, ne fera, certes, pas dans l'exceptionnel, mais dans le parfaitement honorable ! Nuance ! Les proportions ne seront pas vraiment « gargantuesques » mais l'on demeurera, si je puis dire, dans la bonne moyenne ! Le pavé de veau à la citronnelle, tomates gratinées, pommes de terre grenailles, échalotes confites, se dévoilera, lui aussi, trop saisi, manquant de ce « rosé » qui lui va, habituellement, si bien ! Le risotto en homard et légumes croquants en mirepoix, Saint-Jacques poêlées, émulsion homardine, n'avait franchement nul besoin de ces échalotes, carottes et autres courgettes, ni de ce riz long, d'ailleurs, pas franchement adéquat ! Le dos de cabillaud cuit sur la peau, vierge aux amandes et agrumes confits, tian de légumes d'été, riz de Camargue, se verra affublé quasiment du même problème de cuisson que son « prédécesseur », malgré un tian (très) acceptable ! Un point (un peu) négatif m'apparaîtra dès lors que le maître d'hôtel, vers 13 h 45, refusera à un couple l'accès au restaurant, prétextant que l'heure serait passée, et les cuisines fermées ! Un samedi, je pense que l'on aurait pu être un peu plus « souple » et « accessible » !
 N'omettons pas qu'un client « refoulé » aura toutes les chances de ne jamais revenir, et, surtout, d'en parler autour de lui ! Côté douceurs, nous les réserverons dès le début du repas avec cette attente qui caractérise les desserts « mitonnés » à la minute ! Seulement, la verrine de pana cotta entre le tartare de mangue et, sur le dessus, le coulis de framboise, ne saura plus trop où elle en était ! Le moelleux au chocolat, cœur fondant cacao 64 %, (léger) coulis de fruits rouges, glace vanille, et sa tuile à l'orange, remportera les suffrages d'un met, certes, simple mais (assez) judicieusement concocté ! Le crumble pomme-framboises, aux éclats de chouchou, coulis de mangue, et glace vanille, ne révolutionnera pas le monde de la pâtisserie, mais il se laissera déguster sans trop de réticence. La cuisine du chef, Olivier Vericel, le fils d'Agnés, fera montre d'un certain savoir-faire, d 'une dextérité quelque peu « inaboutie » et donc d'un manque de « maîtrise » des produits, faisant de sa cuisine, une cuisine qui « ronronne », mais ne vit pas vraiment !
Menus à 19,50 €, 29,50 € et 39,50 €.
Fermé le lundi et dimanche midi, en hiver, et en été fermé le samedi midi et dimanche midi.

Le Barrême
Restaurant & chambres d'hôtes
Angle rue du Forum & rue du Barrême (centre historique) – 13 200 Arles
Tél.: 04 90 96 42 16 / www.lebarreme.fr / contact@lebarreme.fr




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